Yannick Jadot répond à notre questionnaire …

Nous venons de recevoir, de la part de Yannick Jadot, les réponses à notre questionnaire : il est le premier candidat à l’élection présidentielle à proposer des mesures fortes contre les abus et les horreurs de la chasse et à plaider pour le respect de la faune sauvage. Le Collectif ne peut que se réjouir de telles prises de positions.

La France vive – Yannick Jadot

Réponses au questionnaire du Collectif du 21 septembre

 Si vous êtes élu  en 2017 Président de la République, prendrez-vous les mesures suivantes1 ?

Au préalable, je tiens à réaffirmer ici que la condition animale est un enjeu majeur dans une société humaine : notre rapport à l’animal reflète notre rapport au monde, il est un marqueur de notre vision de l’humanité. Aujourd’hui, nos sociétés sont dans la déraison,  la négation du vivant pour en faire un vulgaire produit de consommation, l’irrespect de la nature et l’inconscience de ses forces et de sa fragilité. Ces excès ont des impacts concrets, très graves : la 6ème extinction animale de masse, avec des espèces qui disparaissent 100 fois plus vite que par le passé, et l’exploitation animale qui détériore chaque jour notre planète et hypothèque la vie humaine.

Mais bien au-delà, le sort que  nous réservons aux animaux, domestiques, d’élevage, sauvages, relèvent d’un enjeu profondément éthique.

Par rapport aux questions que vous posez sur la chasse, il faut remettre en débat la légitimité, et même l’acceptabilité du principe de tuer un animal pour le plaisir. Nous devons avancer vers des rapports plus respectueux des animaux. Ce sont des êtres sensibles, qui ressentent la souffrance, la peur, et le désir de vivre.

De tels rapports éthiques sont incompatibles avec le fait de tirer sur un animal par seul plaisir, de lui infliger une mort violente ou pire, dans la majorité des cas, des blessures qui le condamnent à une mort lente et douloureuse. C’est une question de société qui doit pouvoir se discuter et évoluer sereinement. La chasse doit devenir une pratique exceptionnelle, à la charge de personnes spécialisées et dégagées de tout conflit d’intérêts, dans les cas de déséquilibres de populations, déséquilibres qui deviendront nettement plus rares lorsque l’on aura mis fin à certains usages cynégétiques comme l’agrainage ou le lâcher de gibier.

Ce changement dans le rapport au sauvage prendra un peu de temps mais peut déjà s’amorcer dans un quinquennat, avec les différentes mesures évoquées ici.

Je suis donc intimement convaincu de la légitimité de la cause animale, et j’ai signé par réelle adhésion le Manifeste AnimalPolitique dès sa publication. D’ailleurs nombre de réponses à vos questions sont dans ce Manifeste.

 

  Reconsidérer la composition des instances consultatives concernant la faune sauvage, pour mieux représenter les attentes citoyennes

o  Oui, dans quel délai

Il y a aujourd’hui, en effet, encore un déséquilibre dans la composition des différentes instances concernant la faune sauvage, comme les Commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage, où les environnementalistes sont sous-représentés, et les « usagers » de la nature représentés par les seuls forestiers et agriculteurs, les promeneurs par exemple n’ayant pas voix au chapitre. Au niveau national, c’est la même problématique, le Conseil d’administration de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) ne comprend que deux représentants d’associations de protection de la nature. Il importe de rééquilibrer ces compositions, aussi pour ouvrir le dialogue : quand on peut décider tout seul en ignorant l’autre, pourquoi prendre le temps d’écouter ?

C’est aussi important parce qu’aucun milieu n’est épargné par les conflits d’intérêts. Les chasseurs ne sont pas plus désintéressés que d’autres. Il y a aussi du business derrière. Et si on n’assure pas la pluralité des points de vue et la transparence dans les décisions,  le risque est que les intérêts privés priment sur l’intérêt commun du maintien et du respect des écosystèmes.

Ces mesures peuvent être prises assez rapidement, durant la première année de mandat.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

  Intégration de l’ONCFS au sein de l’Agence de la Biodiversité

o  Oui, dans quel délai

Je souhaitais que l’ONCFS soit dans le périmètre de l’Agence Française de la Biodiversité (AFB), c’était la solution la plus cohérente. La pression politique des chasseurs à l’encontre de cet arbitrage aura été plus forte que le bons sens. D’ailleurs, il est aujourd’hui difficile de dire quelle sera la portée de la création de l’AFB, un rassemblement créé sans accompagnement de la transition des différentes agences concernées, aux cultures très différentes. Une nouvelle entité sans moyens nouveaux, qui aura bien du mal à répondre aux ambitions affichées dans ses statuts.

Quoi qu’il en soit, il faut aller aujourd’hui jusqu’au bout du processus entrepris, mais aussi préparer les futures évolutions. On voit bien, par exemple, que la dimension « biodiversité » de l’ONEMA ne s’est pas décrétée du jour au lendemain avec son entrée dans l’AFB. Je souhaite donc que l’ONCFS soit très vite davantage celui de la faune sauvage, avec une gouvernance plurielle et un financement clair par l’Etat de ses missions patrimoniales, et que sa révolution culturelle se fasse au même titre que pour les offices nationaux intégrés à l’AFB. Je demanderai aussi la mise en place d’une convention de partenariat entre l’ONCFS et l’AFB, pour les mobiliser et coordonner pleinement sur la connaissance de la nature, ordinaire comme exceptionnelle, la recherche appliquée (les CNERA de l’ONCFS font un travail précieux), le contrôle et l’évaluation des usages. Il y a là un gisement incomparable, de compétences, de connaissance du terrain, de liens avec les usagers.

Cette mesures concernant un processus et ne relevant pas du règlementaire, elle est à engager dès le début du mandat et doit se poursuivre tout au long du quinquennat.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

  Instaurer des jours sans chasse sur tout le territoire, à commencer par le dimanche

o  Oui, dans quel délai

La loi portée par Dominique Voynet, votée en 2000 avait instauré une journée par semaine sans chasse. Mais dès 2002, cette journée sans chasse fût supprimée, la nouvelle majorité de droite n’ayant pas laissé à cette mesure le temps nécessaire pour être acceptée. On le sait, la chasse c’est aussi un moyen de satisfaire ses électeurs !

Résultat : en période de chasse, c’est aux promeneurs, aux enfants et aux non-chasseurs de s’adapter. Je crois qu’il est important d’expliquer qu’il en faut pour tout le monde, qu’il ne faut pas toujours demander plus de droits, et qu’il convient d’accepter certaines restrictions : c’est le partage des usages. La réglementation de la chasse doit pouvoir prendre en compte les promeneurs, les botanistes, les poètes, les épicuriens, les sorties pédagogiques effectuées par des associations ou des écoles… Je rappelle que le dimanche est le jour où sont recensés le plus d’accidents.

Une mesure d’interdiction, un jour par semaine, améliorerait l’égalité, la sécurité et la sérénité de nos concitoyennes et de nos concitoyens.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

Interdiction de la chasse à courre, la vénerie sous terre

o  Oui, dans quel délai

Les députés écologistes sont intervenus dans ce sens à plusieurs reprises. Leur dernière proposition de loi demandant « l’abolition de la chasse à courre, à cor et à cri », date de mai 2013. Je soutiens cette demande d’abolition.

Quant à la vènerie sous terre, déterrage de ragondins, renards, blaireaux, malgré l’interdiction des festivités honteuses telles que des championnats pour blaireaux en 2014, elle se poursuit sous forme de journée de formation et d’entraînement pour les chiens. C’est une pratique barbare au sens de la mesure 22 du Manifeste AnimalPolitique. Elle a été abolie dans presque tous les pays européens. Les veneurs, interdits de chasse chez eux, se réfugient donc en France, où le nombre des équipages augmente sans aucune proportion avec les espaces naturels qui, eux, se réduisent. Nous devons suivre l’exemple de nos voisins.

Ces mesures peuvent être prises dans la première année de mandat.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

Interdiction des chasses dites « traditionnelles » (matolles, tendelles, gluaux, lacets, etc )

o  Oui, dans quel délai

Les chasses traditionnelles peuvent peut être rappeler un certain art de vivre et exiger un savoir-faire, mais n’oublions pas que nous sommes au XXIe siècle ! En plus d’un enjeu éthique du point de vue de la souffrance animale qu’ils génèrent, ces modes de chasse ne sont pas sélectifs et affectent des espèces fragilisées et protégées. Dans un contexte de milieux naturels détruits, de haies dévastées, de zones humides asséchées, de monocultures développées sans commune mesure, sans parler des pesticides et des pollutions en tout genre, la chasse ne peut plus se pratiquer comme il y a cent ans.

Qui plus est, il faut cesser de détourner la directive « oiseaux » en utilisant les dérogations pour laisser passer ces pratiques inacceptables.

Ces mesures peuvent être prises dans la première année de mandat.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

Interdiction du piégeage

o  Oui, dans quel délai

Le piégeage est aujourd’hui utilisé comme un mode de chasse ou bien pour éliminer des espèces qui gênent les chasseurs, comme les mustélidés.

Je veux que cela cesse pour passer à une pratique ponctuelle en ce qui concerne les espèces indigènes, en fonction de situations particulières et bien déterminées. Dans ce cadre, on pourra utiliser un piège pour sortir un animal installé dans une maison ou « trapper » les chats libres afin de les stériliser, ainsi que le pratiquent les associations de la protection animale. La pose de ces pièges doit être pensée avec précision afin de capturer un animal identifié.

Par conséquent, je veux interdire l’utilisation de pièges tuants ou mutilants, et interdire complètement l’utilisation de la bromadiolone.

Un sujet plus difficile est celui des espèces non indigènes qui déséquilibrent nos écosystèmes, comme le ragondin. Je ne vois aujourd’hui pas d’autres solutions que le piégeage à la situation de prolifération actuelle. Mais dans tous les cas, celui-ci doit se pratiquer sans infliger de douleur inutile, et je suis par exemple scandalisé par l’utilisation de pièges noyants.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

  Interdiction de l’agrainage (alimentation artificielle favorisant la prolifération des animaux)

o  Oui, dans quel délai

Il y a deux types de pratiques d’agrainage à ma connaissance.

Celle pratiquée avec les oiseaux d’eau, qui n’a aucune justification : on les nourrit pour les attirer et leur tirer dessus. Ce doit être purement et simplement interdit.

Et puis, il y a l’agrainage dit de dissuasion.  Pour défendre ce type d’agrainage, les chasseurs disent qu’il permet de limiter les dégâts agricoles. Cette pratique est censée être modérée : donner juste ce qu’il faut de manière préventive. Mais c’est très difficile à contrôler. Dans la réalité,  elle permet surtout pour les chasseurs de sédentariser les animaux, en particulier les sangliers. Et au contraire, cela nuit à leur auto-régulation, par profusion artificielle de nourriture. Il y a plus de gibiers que ce que la nature seule permettrait. Pire, les jeunes arrivent plus vite à l’âge de reproduction, qui dépend de leur poids chez les femelles. Donc au final, il y a plus de sangliers. Et comme la sélectivité n’est pas possible – le maïs est répandu et accessible librement – chevreuils et cerfs s’en nourrissent également, même si ce n’est pas autorisé.

Je veux donc que l’agrainage soit simplement interdit. Cette mesure peut être prise la première année de mandat.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

   Suppression des chasses commerciales et chasses privées en enclos, ainsi que des entreprises organisant des  safaris à l’étranger

o  Oui, dans quel délai

Les enclos peuvent se justifier pour des fins de recherches, ou des mesures de protection d’animaux sauvages, soit pour des soins, soit dans le cas d’espèces menacées afin de permettre des programmes de réintroduction.

Les chasseurs en font un business : les enclos peuvent permettre de concentrer les animaux sur un terrain circonscrit. Se crée alors une offre de chasse facile, rapide et facturée grassement toute l’année (dans un enclos, les dates d’ouverture et de fermeture de chasse ne s’appliquent pas, sauf exceptions). Rien à voir avec les pratiques décrites comme ancrées sur un territoire et générant du lien social !

Par ailleurs, les enclos morcellent les territoires et constituent donc une aberration à l’heure où l’importance des continuités écologiques est enfin reconnue, et où l’on dépense de l’argent public pour restaurer les corridors qui ont été détériorés. Nous devons évoluer vers des pratiques offrant à la faune sauvage des espaces suffisants pour garantir une stabilité de ses populations.

Je veux donc que le préfet puisse réguler les enclos. C’est anormal qu’ils soient automatiques. Il doit aussi avoir un pouvoir d’appréciation élargi pour les parcs de chasse, prenant en compte les enjeux de morcellement.

Les safaris organisés à l’étranger ne peuvent être encadrés depuis la France, nous devons travailler à l’échelon international, ou dans le cadre de nos coopérations avec des pays accueillant des safaris pour faire évoluer la situation. Fin 2015, suite à la mort du lion Cecil, la Ministre de l’Écologie a interdit d’importer sur le territoire français, des trophées de lions. Cette mesure doit être étendue à d’autres espèces. Je suis favorable à l’interdiction totale d’importation de trophées sur le territoire français.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

⑨  Abandon de la notion de « nuisible » (appelé aujourd’hui « déprédateur »)

o  Oui, dans quel délai

L’article 157 de la nouvelle loi « biodiversité » fait disparaitre le terme « nuisible » pour le remplacer par « susceptibles d’occasionner des dégâts » et par « non domestiques ». C’est une avancée… de pure forme. En effet, le régime des anciens « nuisibles » perdure, ce qui continue de traduire une vision dépassée de la nature et qui n’est plus adaptée aux enjeux actuels de conservation de la biodiversité. Nous avons encore du chemin à parcourir en la matière, notamment pour ne pas, par des actes de régulation, générer de nouveaux déséquilibres.

Chaque intervention humaine doit être mûrement pesée. Un exemple : le cas du renard dans le cantal, qui n’a plus joué son rôle de prédateur à l’égard des rats taupiers, qui aujourd’hui prolifèrent, génèrent des dommages importants, et dont à présent certains réclament l’extermination. Et les exemples sont nombreux. C’est un cercle sans fin.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

- Extension du statut de protection à toute la faune sauvage, organisation du suivi et du contrôle des populations, par des personnes qualifiées et indépendantes

o  Oui, dans quel délai

Il importe que les animaux sauvages soient tout autant perçus comme des êtres sensibles que les autres. Le 16 mars 2015, lors de l’examen de la loi biodiversité à l’Assemblée nationale, la députée écologiste Laurence Abeille a défendu des amendements visant à doter l’animal sauvage d’un statut inséré dans le Code civil et dans le Code de l’environnement et permettant aux espèces visées de ne pas être intentionnellement blessées, tuées, capturées, transportées, colportées, vendues ou achetées sauf à l’occasion d’activités strictement règlementées.

Il n’y a pas si longtemps de jeunes chasseurs s’étaient amusés à poster sur Facebook des photos d’un petit renard qu’ils avaient déterré, terrifié pour rigoler  – comme en attestaient les commentaires –  avant de le massacrer à coup de pelle. Aucun moyen de les inquiéter du point de vue pénal, les actes de cruauté envers les animaux sauvages ne sont pas pénalement répréhensibles. Cela paraît incroyable mais c’est la réalité.

C’est pour cela que je soutiens l’extension du statut d’être sensible aux animaux sauvages, pour mettre fin à cette impunité.

D’autre part, oui, il faut garantir la pluralité et la qualité de l’évaluation et du suivi des populations.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

Supprimer les privilèges accordés aux fédérations de chasseurs, en particulier les missions de service public qui leur sont attribuées.

o  Oui, dans quel délai

La loi chasse de Dominique Voynet avait redéfini les missions des fédérations de chasse. Mais depuis, d’autres ministres ont accordé des moyens de fonctionnement à ces structures, sans contrepartie. Il importe de remettre tout cela à plat, et de s’assurer de la bonne conduite des missions de service public.

Un exemple : l’indemnisation des dégâts des gibiers. Il est clair que les fédérations sont juges et parties dans ces procédures. Il faut trouver un autre système qui garantisse l’équité.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

Suppression de la possibilité d’intervention des chasseurs et piégeurs dans les établissements scolaires et tous établissements accueillant des mineurs (centres aérés …)

o  Oui, dans quel délai

Toute intervention dans un établissement scolaire doit se faire dans un cadre clair et transparent. Les élèves doivent savoir qui leur parle, et bien comprendre que l’intervenant n’est jamais neutre.

Même si certaines fédérations de chasse ont montré leurs efforts pour une meilleure gestion de l’environnement et de la protection de la faune, l’éducation et la sensibilisation au développement durable ne sont pas dans leur champ d’actions.

De manière plus générale, le chasseur, est un homme armé. Rapprocher de l’école l’imaginaire des armes n’est pas une bonne chose.

 

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

  Interdiction des lâchers et des élevages d’animaux destinés aux lâchers de tirs, à l’origine de nombreux déséquilibres parmi la biodiversité, et donnant aux chasseurs/ piégeurs un prétexte pour justifier la « régulation ».

o  Oui, dans quel délai

Comme pour l’agrainage, les lâchers d’animaux d’élevage dans la nature génèrent des déséquilibres. Non seulement du point de vue quantitatif, mais aussi qualitatif. Les espèces élevées ne sont pas en général les mêmes que celles que nous trouvons dans les espaces naturels, et cela pose aujourd’hui des problèmes génétiques.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

  Instaurer l’obligation d’un contrôle médical régulier de tous les chasseurs, portant notamment sur l’alcoolémie et la vision, avec instauration d’un permis à points

o  Oui, dans quel délai

Compte tenu de la détention d’armes à feu, oui, il est primordial que les chasseurs n’aient pas un permis à vie, renouvelé par le seul acquittement de quelques euros. Je ne sais pas si le permis à points serait une solution. Par contre, je suis convaincu de l’importance que le renouvellement annuel du permis de chasse soit précédé d’un test d’aptitude au tir, avec capacité d’évaluer les distances – si un chasseur ne sait pas estimer une distance, comment peut-il savoir si l’animal est trop éloigné pour garantir un tir sécurisé ? -, et un test de vue.

Organiser aussi la formation continue des chasseurs, avec une périodicité à définir, est essentiel pour qu’ils restent au fait de la règlementation et des nouvelles connaissances. D’ailleurs, quand le permis de chasse a été soumis à examen (avancée de la loi Voynet), les personnes déjà détentrices d’un permis de chasse n’ont pas eu à passer l’examen. Or, on se rend compte que les accidents de chasse impliquant l’ancienne génération sont plus nombreux. Il faudrait impliquer ces personnes dans le processus de formation, c’est un enjeu de sécurité publique.

En ce qui concerne l’alcoolémie, sujet très sérieux, je ne crois pas que nous pourrons le gérer au moment du permis de chasse. Je veux plutôt instaurer le passage systématique d’un test d’alcoolémie lors des contrôles sur le terrain, quand il y a vérification des papiers.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

   En cas d’homicide, sanction immédiate : suppression à vie du permis de chasse et confiscation des armes, interdiction à vie de participer à une action de chasse

o  Oui, dans quel délai

Une personne qui commet un acte d’homicide dans le cadre d’une action de chasse a été négligente ou  a commis une erreur d’appréciation fatale. En effet, dans le cadre des formations préalables au permis de chasse, les approches techniques préventives sont dûment abordées, avec notamment l’importance de se cantonner au tir fichant (dirigé vers le bas). Ces obligations et recommandations doivent être rappelées avant une action de chasse par l’organisateur, qui doit demander, en cas de doute, de ne pas tirer.

Dans le cas d’homicide involontaire ou de coups et blessures involontaires commis par un tir direct sans identification préalable de la cible, je souhaite, quelque soit la décision de justice prononcée à l’issue du jugement, que le permis soit supprimé à vie.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

  Mise en place d’une cartographie des périmètres de sécurité excluant tout acte de chasse à proximité des habitations et lieux publics ; cartographie largement publiée notamment dans les organes de communication du ministère de l’écologie.

o  Oui, dans quel délai

Certains arrêtés préfectoraux et communaux définissent des périmètres de sécurité, mais ils sont ponctuels. Faire connaître ces périmètres est une bonne chose.

De manière générale, aujourd’hui, il est interdit de tirer et même de désarmer son arme en direction d’habitations. Je n’ai pas connaissance de cas d’accidents qui auraient pu être évités avec de tels périmètres de sécurité. Qui plus est, un tel dispositif conduirait rapidement à 80% du territoire hors zone de chasse, et cette mesure serait impossible à faire passer. Cependant, il est aussi anormal qu’en période de chasse des parents confinent leurs enfants à la maison par peur qu’ils se fassent tirer dessus, tout comme il est anormal de sortir de chez soi pour se retrouver nez à nez avec un fusil,  parfois détenu par une personne alcoolisée. Alors, je mettrai votre proposition à l’étude, pour voir quelle mesure est la mieux adaptée et réaliste pour que les non-chasseurs puissent jouir en quiétude des plaisirs de la nature près de chez eux.

Je tiens à souligner que la priorité pour moi est vraiment la formation des chasseurs – tant sur la sécurité que sur les enjeux de biodiversité –  et les tests périodiques d’aptitude au tir avec vérification de la capacité à estimer les distances. C’est le point crucial pour avoir une approche préventive, sensibiliser sur les risques que représentent ce « loisir » où l’on porte des armes et tue.

o Non, pourquoi ____________________________________________________________________

 

(1) Certaines mesures sont extraites de la plaquette «Protection de la faune sauvage », co-signée par l’ASPAS, AVES, CACC, CVN, One Voice, RAC, SPA, 30 Millions d’amis.

 

 

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